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Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle renaissent dans le Cambésis

publié le 1 déc. 2010 à 05:11 par Didier RAMON   [ mis à jour : 1 déc. 2010 à 05:24 ]

Une bonne nouvelle à côté de chez nous : les sentiers de Saint-Jacques renaissent sous l'action d'une association cambrésienne.

Chemins de Compostelle : « Le balisage devrait être achevé en fin d'année 2011 »


lundi 29.11.2010, 05:06 - La Voix du Nord

| RANDONNÉES |

L'association Saint-Jacques-en-Boulangrie, créée en 2008 et dont l'objectif est de « faire revivre les chemins de Compostelle en partant de Cambrai  », a tenu son assemblée générale, vendredi. Au cours de la réunion, il a été principalement question du balisage existant ou restant à faire sur les chemins empruntés autrefois par les pèlerins qui se rendaient de Tournai à Saint-Quentin en passant par Cambrai. Rencontre avec Régis Quennesson, président de l'association.

La voix du Nord : Où en est-on du balisage ?


Régis Quennesson :

« Le repérage du parcours, dans sa totalité, a été réalisé cette année. Et le premier tronçon balisé de 20 km situé entre la cathédrale de Cambrai et Honnecourt-sur-Escaut par Vaucelles, a été inauguré le 19 juin dernier. En septembre, nous avons fini le balisage entre Cambrai et Gouy-Le-Catelet. Cela représente tout de même 35 km. Il reste toutefois encore 110 km à réaliser entre Le Catelet et Saint-Quentin, ainsi qu'entre Tournai et Cambrai. Nous espérons cependant avoir terminé à la fin de l'année 2011. Mais il est vrai qu'il y a encore du travail pour installer toutes ces balises. Sans parler de l'aspect financier d'une telle opération ! » 

VDN : Êtes-vous aidés ?


R. Q :

« Grâce à un organisme intitulé Leader (Liaison Entre les Actions de Développement de l'Économie Rurale), nous pourrions bénéficier de fonds européens au titre de la Politique Agricole Commune ou PAC. Pour cela, nous devons sensibiliser la population du Cambrésis à ce patrimoine culturel important. Par ailleurs, et pour plus d'efficacité, nous avons, au sein de notre association, mis en place quatre équipes. Une s'occupe du repérage et du balisage, une autre, avec des historiens locaux reconnus, étudie l'histoire des terrains parcourus, une autre encore de la communication et enfin la dernière se charge du commercial pour obtenir des subventions (en intervenant notamment auprès des personnalités) ».

VDN : Quels sont vos projets ?


R. Q :

« Nous allons annoncer la possibilité offerte aux promeneurs de se rendre de Saint-Amand au Catelet en passant par les commanderies templières, ou ce qu'il en reste ! Il s'agira donc d'une variante thématique qui devrait intéresser de nombreuses personnes. Beaucoup de communes de notre arrondissement sont ainsi concernées : Solesmes, St-Vaast-en-Cambrésis, Caudry, Selvigny, Villers- Outréaux, Deheries... Pour ce faire, nous mettrons en place une structure adaptée sur le Caudrésis. » •

Bureau : Régis Quennesson, président Odile Baugue, secrétaire Claudine Szewczuk, secrétaire adjointe Georges Laigue, trésorier Guy Beussekey, trésorier adjoint

De la langue française sur le net

publié le 23 nov. 2010 à 05:28 par Didier RAMON

Vous l'avez certainement constaté, la mode du SMS et des forums sur Internet a appauvri le niveau d'orthographe en général.
Finalement, autrefois, nos parents nous disait que puisque nous n'écrivions plus (de plus en plus de téléphone) nous ne savions plus écrire.
Depuis l'avènement des téléphones portables, je pense qu'il n'y a pas eu une seule génération qui a autant écrit ! Que de "mots" envoyés et quels mots... pour certains incompréhensibles.
Ce que nous prédisaient les générations précédentes ne se concrétise donc pas. Plus on écrit... moins on écrit bien ? Faut-il encore écrire pour dire quelque chose (le SMS n'est pas vraiment dans cette catégorie).

Pour appuyer cette réflexion, un article paru dans LeMonde.fr Blogs 'Langue sauce piquante' qui rappelle l'usage de "quoique" et "quoi que".

quoique couac !

Quoique, couac : voilà deux homophones. L’utilisation malencontreuse du premier menant au second. Nous avons déjà eu l’occasion de dire que la confusion entre quoique et quoi que était très fréquente, un must (voir horreur orthographique 2). Il n’y a qu’une espace de différence entre eux, et pourtant tout un monde les sépare. 
Quoique est un seul mot, une conjonction avec nuance d’opposition (même sens que bien que : “quoique con, il est sympa”. S’il y a un verbe, il est au subjonctif : “quoiqu’il soit con, etc.” ; ou nuance de concession (même sens que tout) : “Ma mère s’émerveillait qu’il fût si exact quoique si occupé”, c’est-à-dire “tout occupé qu’il fût” (Proust, cité par le Petit Robert, sur lequel nous nous appuyons). Quoique peut aussi introduire une “objection provenant d’une réflexion que l’on se fait après coup”. Et là, nous mettons encore Marcel à contribution : “Peut-être on va m’emmener dans le Midi. Ce que ce serait chic ! quoique cela me fera manquer un arbre de Noël.”
On constate que cette nuance appelle l’indicatif.

Quoi que est une locution concessive regroupant deux mots, quoi et que, avec le sens de “quelle que soit la chose que” et requérant le subjonctif : “quoi que je fasse, j’ai tort”.
Essayez de mettre l’un à la place de l’autre dans ces exemples, vous verrez qu’ils ne sont pas interchangeables.

Dans ce passage du Monde (désormais libre) du 14-15 novembre, le quoique est-il un couac ?
“Comme la tenue que j’avais choisie m’avait inspiré un personnage, je décidai sur le champ que je la conserverais quoiqu’il arrivât” (Charlie Chaplin parle de ses débuts).


image : Couac, acrylique sur toile de Gaétan

Les prochains films à l'affiche du ciné-club

publié le 22 nov. 2010 à 23:31 par Didier RAMON

Un article paru dans La Voix du Nord présentant les futures programmations du Ciné-Club Atmosphères, le Ciné-Club de Valenciennes diffusant au Gaumont.
Vous retrouvez dans la section Téléchargement les programmes du Ciné-Club.
mardi 23.11.2010, 05:20 - La Voix du Nord

|  ATMOSPHÈRES |

Voici le programme des prochaines séances du ciné-club Atmosphères. Et pour démarrer, cette semaine, un duo « Étranges Visites ».


Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures.- Une comédie dramatique anglo-franco-thaïlandaise d'Apichatpong Weerasethakul avec Thanapat Saisaymar, Jenjira Pongpas, Sadka Kaewbuadee, Natthakarm Aphaiwonk (1 h 50 ; en version originale sous-titrée). Ce film a obtenu la Palme d'or au festival de Cannes 2010. Les apparitions magiques de sa femme défunte et de son fils disparu depuis des années confirment à Oncle Boonmee que sa fin est proche.

Ce soir, à 20 h 30.

Le bruit des glaçons. - Comédie française en couleur de Bertrand Blier avec Jean Dujardin, Albert Dupontel, Anne Alvaro, Myriam Boyer (1 h 27). C'est l'histoire d'un homme qui reçoit la visite de son cancer.

Jeudi 25 novembre, à 20 h 30.

Pour suivre, un duo « films sud-coréens ».


Poetry.- Comédie dramatique sud-coréenne en couleur de Lee Chang-dong avec Yun Jung-hee, Lee David, Kim Hira, Ahn Nae-sang, Kim Yong-taek (2 h 19). Ce film, coup de coeur du programmateur, a obtenu le Prix du scénario. Festival de Cannes 2010. Dans une petite ville de la province de Gyeonggi, Mija vit avec son petit-fils. C'est une femme excentrique, pleine de curiosité, qui aime soigner son apparence, arborant des chapeaux à motifs floraux et des tenues aux couleurs vives.

Mardi 30 novembre, à 20 h 30.

The Housemaid.- Drame sud-coréen d'Im Sang-Soo d'après le film La Servante de Kim Ki-young (1960) avec Jeon Do-youn, Lee Jung-jae, Youn Yuh-jung, Seo Woo, Ahn Seo-hyun (1 h 47). Lee Euny est engagée comme gouvernante dans une riche maison bourgeoise. Le mari de la famille, Hoon, la prend pour maîtresse.

Jeudi 2 décembre à 20 h 30 Puis, place à un duo « Regards sur l'Afrique ».


Un homme qui crie.- Drame franco-tchadien en couleur de Mahamat-Saleh Haroun avec Youssouf Djaoro, Diouc Koma, Emile Abossolo, Hadjé Fatimé Ngoua, Marius Yelol (1 h 32). Prix du jury. au Festival de Cannes 2010. Le Tchad de nos jours, Adam, la soixantaine, ancien champion de natation est maître nageur de la piscine d'un hôtel de luxe à N'Djamena. Lors du rachat de l'hôtel par des repreneurs chinois, il doit laisser la place à son fils Abdel.

Mardi 7 décembre à 20 h 30.

Benda Bilili !.- Documentaire musical français en couleur de Florent de la Tullaye et Renaud Barret, avec Staff Benda Bilili : Léon « Ricky » Likabu, Roger Landu, Coco Ngambali, Yakala, Theo « Coude » Nsituvuidi, Claude Kinunu Montana (1 h 24).

Ricky a un rêve : faire de Staff Benda Bilili le meilleur orchestre du Congo Kinshasa. Roger, enfant des rues, désire plus que tout rejoindre ces stars du ghetto.

Jeudi 9 décembre, à 20 h 30.

"PowerPoint, c'est du cinéma"

publié le 18 oct. 2010 à 11:05 par Didier RAMON   [ mis à jour le·18 oct. 2010 à 11:30 par Pascale RAMON ]

Qui n'a pas eu sa boîte e-mail inondée de ppt ? 
Qui, dans le monde du travail, n'a pas eu à "subir" des réunions ppt ?
Franck FROMMER, ex-journaliste, s'est penché sur la question du PowerPoint en écrivant un "livre à charge contre le logiciel".
Un entretien avec l'auteur paru dans Le Monde... 
L'histoire ne dit pas si Franck FROMMER utilise un ppt pour présenter son livre !

Que le cadre sup' qui ne s'est jamais assoupi, après déjeuner, dans l'ambiance tamisée d'une réunion PowerPoint, qui ne s'est jamais arraché les cheveux à résumer une année de travail en dix slides (diapositives) et cinquante bullet points (points forts), jette le premier rétroprojecteur à Franck Frommer.
 
Ce quinquagénaire, ex-journaliste amoureux de la langue française, est tombé dans la communication d'entreprise il y a une vingtaine d'années, au sein d'un grand groupe financier international. Il y a découvert l'outil dont on ne saurait se passer sous peine de déchoir de son statut de salarié modèle : PowerPoint, le logiciel Microsoft de présentation visuelle destiné à accompagner les exposés oraux.

Il a constaté son omniprésence. Et sa vacuité, à l'en croire. Le formatage par le bas de la pensée auquel il contribue. Le patron des éditions La Découverte, lui-même tenu d'assister à son lot de présentations PowerPoint, lui a suggéré d'en faire un livre, paru le 7 octobre, La Pensée PowerPoint. Enquête sur ce logiciel qui rend stupide. Entretien.

Pourquoi un livre sur PowerPoint, ce simple logiciel qui a permis de rendre accessible à tous la présentation graphique, et dont chacun peut faire l'usage qu'il entend ?


J'ai d'abord été frappé par son hégémonie. Ce logiciel de présentation assistée par ordinateur, qui mêle textes courts, graphiques, son, images, vidéos, est utilisé par 500 millions de personnes dans le monde, au bas mot. C'est énorme. Un quasi-monopole. Dans l'entreprise, on ne peut plus avoir de relation de travail, à un certain niveau de responsabilités, sans savoir utiliser PowerPoint (Ppt).

Dès qu'on doit discuter ou vendre un projet, répondre à un appel d'offres, prendre une décision ou échanger avec les collègues dans l'entreprise, les partenaires, les fournisseurs, les clients, les consultants à l'extérieur, on utilise ce logiciel. Ce qui pourrait n'être qu'une simple note de deux ou trois pages se transforme en Ppt. On vous dit : "Un PowerPoint devrait suffire…"

En réunion Ppt, les salariés corrigent d'autres Ppt sur leur ordinateur portable ! Il est devenu impensable de réunir trois personnes sans Ppt. Sinon, c'est une réunion pour rien, ça ne fait pas sérieux. D'ailleurs, maintenant, pour décliner une invitation à une réunion, on dit : "Vous m'enverrez les slides" (diapositives projetées).

Dans les années 1980-1990, on était dans une culture Word, le logiciel de traitement de textes de Microsoft. Aujourd'hui, on a basculé dans PowerPoint. On est passé du texte écrit, construit, articulé, à une exhibition plus esthétique. Comme souvent les cadres dirigeants ne savent pas, ou n'ont pas le temps. Ils ont des petites mains, celles qui auparavant rédigeaient les discours et qui, désormais, sont valorisées voire promues simplement parce qu'elles maîtrisent la réalisation de Ppt. Et entre deux réunions, on reçoit dans notre boîte électronique des Ppt comiques ! C'est devenu un moyen universel de communication avec ses codes, sa grammaire, sa rhétorique.

Comment ce logiciel, créé à la fin des années 1980 aux Etats-Unis, s'est-il imposé à ce point ?


D'abord, c'est un logiciel ingénieux et particulièrement ludique, qui permet de produire des présentations multimédias de façon simple et rapide. On peut intégrer des images, des photos, des sons, des diagrammes, des vidéos, des liens Internet et même des transitions rigolotes, avec une voiture de course, par exemple, qui transporte le texte par en haut ou par en bas, dans un bruit pétaradant.

D'ailleurs, certains abusent tellement de toutes ces possibilités visuelles que c'en devient illisible. Sur le Web circulent des recueils d'animations risibles. Surtout, PowerPoint est arrivé sur le marché, au début des années 1990, alors que les entreprises fonctionnaient moins de façon hiérarchisée, cloisonnée, et que s'imposait le management par projet.

On travaille désormais de manière transversale, en collaboration, et le salarié doit se montrer créatif. La réunion, autrefois occasionnelle, est devenue une pratique quotidienne. Or, quand vous faites parler les gens de différents secteurs et niveaux hiérarchiques, il vous faut des supports de communication communs, un langage universel.

Tout cela est allé de pair avec la prolifération des consultants. Ils arrivent à deux ou trois, avec leur mallette magique de projection PowerPoint, pour vendre leurs préconisations stratégiques. PowerPoint est leur outil de travail, la slide leur mode de communication principal et, de plus en plus, même le produit vendu au client est fabriqué dès le départ sous forme de présentation.

Vous évoquez aussi des facteurs sociologiques ayant concouru au succès de ce logiciel…


PowerPoint témoigne d'une évolution de notre société. Il a l'avantage de la rapidité, il va même jusqu'à un certain simplisme. Et il coûte peu. Autant de qualités demandées aux néomanagers de l'entreprise du XXIe siècle.

Il témoigne aussi de l'injonction, dans notre époque si narcissique, à communiquer, à nous mettre en scène. C'est une exhibition de soi destinée à "se vendre", à se valoriser auprès des autres, à rendre visible son activité. Comme le salarié est en situation de danger permanent dans l'entreprise, il doit toujours démontrer qu'il est dans le mouvement. Il y a les gens qui "se lâchent" en réunion Ppt, qui jouent le jeu à fond. Et ceux qui n'y arrivent pas sont jugés peu adaptés, à la limite de l'employabilité…

Et puis nous sommes dans une société du contrôle perpétuel. Au sein de l'entreprise, tout doit être validé par un supérieur, c'est souvent à cela que servent les réunions Ppt. Sinon, on prend le risque d'être tenu pour responsable…

Aux Etats-Unis, une critique de PowerPoint a émergé il y a quelques années déjà. De qui émanait-elle ?


En 2001, le New Yorker a consacré un article ("Comment un logiciel édicte nos pensées") à l'omniprésence de Ppt dans des secteurs comme l'école ou l'armée, racontant que certains patrons préfèrent en interdire l'usage. "PowerPoint, y lisait-on, est étrangement habile à dissimuler la fragilité d'une proposition, la vacuité d'un business plan, devant un public toujours respectueux ; grâce à la distraction visuelle, l'orateur peut rapidement occulter toutes les failles ridicules de son argumentation."

Puis, en 2006, un expert en communication graphique, Edward Tufte, a écrit un livre (The Cognitive Style of PowerPoint, Graphics Press), qui démontrait comment les mécanismes graphiques et discursifs Ppt avaient fait passer les ingénieurs de la Nasa à côté d'informations essentielles qui auraient dû les alerter et éviter l'explosion de la navette Columbia. La commission d'enquête a d'ailleurs dénoncé l'utilisation de Ppt par la Nasa, son inadaptation au traitement de telles informations.

On ne peut pas évoquer des sujets très précis, scientifiques, articulés, avec Ppt. C'est du cinéma. La transformation de la parole en un spectacle où la raison n'a plus cours.

L'armée américaine utilise-t-elle beaucoup ce logiciel ?


C'est avec un exposé PowerPoint que l'ex-secrétaire d'Etat américain à la défense Colin Powell avait tenté de démontrer, aux Nations unies, l'existence d'armes de destruction massive en Irak, en s'appuyant sur tous les artifices offerts par le logiciel. Il a "vendu" sa guerre en Irak, avec force images floues, scénographie, et textes assertifs…

En avril, un général des marines, James Mattis, a lancé un cri d'alarme : "PowerPoint nous rend stupides !" L'activité de nombreux militaires aujourd'hui consiste à fabriquer des diaporamas. Les plans d'attaque sont des slides. L'avenir de l'Afghanistan est un schéma illisible, une sorte de plat de spaghettis dont le New York Times s'est moqué. "Quand nous aurons compris cette slide, nous aurons gagné la guerre !", s'est écrié celui qui dirigeait les forces américaines en Afghanistan, le général McChrystal, qui a même accusé Ppt d'être devenu le principal ennemi de l'armée des Etats-Unis.

Car il peut créer l'illusion de la compréhension et du contrôle. Or, certains problèmes du monde ne sont pas "bulletisables". Les listes de points forts ne tiennent pas compte des relations complexes entre forces politiques, économiques, ethniques. Elles étouffent la discussion, la prise de décision raisonnée.

D'ailleurs, les militaires reconnaissent que l'un des intérêts de Ppt est de ne pas vraiment fournir d'informations lors des conférences de presse… Il est sûr qu'on peut trafiquer comme on veut les graphiques, en jouant sur les échelles. PowerPoint est aussi très utilisé pour présenter les résultats financiers. Les mauvais chiffres ne sautent plus aux yeux.

Pourquoi PowerPoint rendrait-il stupide ?


Pour faire entrer ce que l'on veut dire dans le cadre très contraignant de la dizaine de maquettes proposées, il faut couper, recouper les phrases, éliminer tous les liens logiques. Bon nombre d'ingénieurs, de managers, de financiers se plaignent de passer des heures à "faire de la slide" plutôt que de se consacrer à leur activité de base. A trouver des titres courts, des listes qui permettront de tout dire sur une seule slide, des astuces, des jeux de mots, une bonne image pour illustrer, à faire attention à la reproduction du logo de l'entreprise…

Bref, à être sur la forme, en superficie, davantage que sur le fond. A mobiliser un système de connaissances tout à fait différent de celui qu'ils mobiliseraient pour rédiger une note. Il faut séduire, capter. On est dans une dynamique de vente.

Paradoxalement, le prétendu support privilégié de la nouvelle idéologie de la créativité dans l'entreprise produit des formes très directives et appauvrissantes d'organisation de la pensée. Il faut aller à l'essentiel, afficher des points forts, valoriser des concepts-clés, promouvoir l'action.

Evidemment, tout cela n'est censé tenir lieu que de "prompteur" d'une prestation orale. Sauf que tout le monde n'est pas Steve Jobs. Certains se contentent de lire ligne à ligne ! De plus, le Ppt est souvent le document de référence, celui qui restera.

Vous parlez de rhétorique des petits points.


Chaque slide doit avoir un titre court, comme un slogan publicitaire, pioché dans quelques dizaines de mots de la novlangue économico-financière. Cela donne des libellés elliptiques, des formules passe-partout, d'une grande pauvreté sémantique ("Des fondamentaux solides", "Un environnement tendu"…). On abuse des verbes à l'infinitif ("rationaliser", "déployer"…) à forte puissance d'injonction…

Puis suivent des listes de points forts, les fameux bullet points, sans lien de causalité entre elles. On raisonne par menu. Notre pensée est comme une liste de commandes, une arborescence de programme d'ordinateur. Sans chaîne signifiante. Ni pensée continue.

Les réunions PowerPoint ne créent-elles pas les conditions d'un échange ?


Non. On donne à voir, c'est tout. Dans le noir, tout le monde regarde l'écran lumineux, ces slides projetées en gros qui s'imposent d'elles-mêmes, interdisant toute discussion sur la véracité des informations qu'elles présentent. L'animateur parle à l'écran, sans toujours regarder son public. Il a toute autorité puisque c'est lui qui maîtrise l'apparition, la disparition des slides.

Aux Etats-Unis, on dit que les présentations Ppt sont les "somnifères des organisations". Ces présentations anéantissent les capacités de réaction du public, qui est comme hypnotisé. C'est d'ailleurs pour cela que les formateurs détestent Ppt. Il empêche les allers-retours, les digressions, les contradictions, tout ce qui constitue le travail de la pensée. On est tenu par le temps de présentation (dix slides, vingt minutes, selon la règle d'or) et par l'impossibilité de revenir en arrière – cela ne ferait pas sérieux. On n'est plus dans une logique de la relation mais dans celle de la transaction.

Dans quelles sphères d'activité estimez-vous que PowerPoint peut s'avérer dangereux ?


Dans certains domaines, écarter le rationnel, anesthésier l'esprit critique, la capacité à raisonner, peut s'avérer dangereux. PowerPoint, qui est même utilisé dans les tribunaux aux Etats-Unis, est en train de contaminer le secteur public en France. A l'heure de la révision générale des politiques publiques et de la rigueur budgétaire, l'Etat s'empare de cet outil de management issu de l'entreprise. L'activité des services publics peut-elle se résumer à coups de bullet points ? Des consultants travaillent à réformer les hôpitaux avec ces méthodes.

A l'université, on commence à diffuser des slides plutôt que des polycopiés. Dans les écoles de commerce, de gestion, de communication, les étudiants ne sont plus évalués sur leur capacité à "problématiser" mais à produire des slides et les défendre.

Dans la gestion des ressources humaines, PowerPoint sert à noyer le poisson quand on présente les restructurations à venir, les rapports d'expertise sur les plans sociaux. PowerPoint crée une certaine irréalité, met à distance, concourt à une certaine analphabétisation. Gare à la "powerpointisation" des esprits !

Propos recueillis par Pascale Krémer



Le coup de gueule des randonneurs du sud Valenciennois

publié le 11 oct. 2010 à 06:20 par Didier RAMON

C'est l'automne, il faut supporter, lorsque nous randonnons en campagne, l'incivisme des chasseurs. Dorénavant, il faudra supporter les dégradations sur les itinéraires balisés !
Un article "coup de gueule" publié dans la Voix du Nord.

lundi 11.10.2010, 05:14 - La Voix du Nord

Durant l'été, nous avions proposé dans nos colonnes plusieurs circuits de randonnée pédestres (sur Verchain, Quérénaing, Sommaing, Vendegies...), Une série qui a reçu un accueil très favorable des associations de randonneurs, et notamment de nos guides Raymond Gamez, responsable animation de la zone Hainaut et Francis Chérubin, responsable du balisage pour le CDRP (comité départemental de randonnée pédestre).

Raymond Gamez est aujourd'hui en colère. Il rappelle d'abord que le conseil général a mis en place un PDIPR, un plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée, pour les marcheurs, vététistes et cavaliers. Ce qui implique un balisage entretenu périodiquement par des bénévoles, de diverses associations. « Malheureusement, dans notre zone Sud-Valenciennois, déplore-t-il, ces balisages font l'objet de dégradations permanentes (poteaux directionnels arrachés et même brûlés). Des actes gratuits, qui traduisent un manque de civisme certain et une "bêtise" qui ne l'est pas moins. Je tenais à dénoncer cette situation ». Il envisagerait, du reste, de porter plainte, si de tels actes se reproduisaient.

Relais pour la vie : la lutte contre le cancer au pas de course

publié le 25 sept. 2010 à 08:42 par Didier RAMON   [ mis à jour : 25 sept. 2010 à 09:24 ]

mardi 21.09.2010, 05:17 - La Voix du Nord
BAISIEUX

La ville de Baisieux a accueilli cette année la deuxième édition du relais pour la vie. Le principe restait le même : courir pendant 24 heures, en se relayant, afin de récolter des fonds pour la lutte contre le cancer.


Les tentes sont plantées dans le sol, et les lits de camps dépliés les uns à côté des autres sous de grandes tonnelles. Un campement des plus rudimentaires qui laisse présager une nuit très courte. Les participants au relais pour la vie se trouvent ici pour courir, courir encore. Pendant 24 heures ce week-end, ils se sont relayés autour du parcours. En courant, en marchant ou en se reposant sur les épaules du papa pour les plus jeunes, le but est d'effectuer autant de tours que possible, chacun d'eux rapportant un euro à la Ligue contre le cancer. A leur propre rythme, les participants avancent avec la conviction de pouvoir faire reculer la maladie d'un pas.

1 600 km durant 24 heures


Parmi les nombreuses équipes de coureurs ayant répondu présent au Relais pour la vie, celle des « smart girls » est repérable sur la piste grâce à la couleur rose vif qui compose leur dossard.

Chantal Guilmain a initié le mouvement, elle explique : « Notre équipe exclusivement féminine se bat contre le cancer du sein. Ma propre belle-soeur en a été atteinte, et c'est de là que m'est venue l'idée de participer au relais. J'ai commencé par envoyer un e-mail à une dizaine de collègues, et grâce au bouche à oreille nous sommes aujourd'hui plus de 75 ! » Elles ont pour défi de se relayer sur une distance de 1 600 km pendant 24 heures. Mais au-delà de la performance, cette manifestation est également une occasion de donner de l'espoir aux malades. Leur cause fait se réunir et courir ensemble des centaines de personnes. • A. CO. (CLP)

« Les mains libres » au ciné-club : quand une cinéaste livre... sa propre histoire d'amour

publié le 20 sept. 2010 à 23:16 par Didier RAMON

mardi 21.09.2010, 05:16 - La Voix du Nord
 
Le ciné-club Atmosphères a du mérite. Jeudi, il a réuni 109 spectateurs exactement pour un film sorti en 2009 en catimini. ...
 
« Les Mains libres » de Brigitte Sy avaient été distribuées en une quinzaine de copies seulement sur l'Hexagone. La réalisatrice, et son acteur principal Carlo Brandt, étaient eux aussi présents à la séance du Gaumont. Avec à la clef un moment rare... Rien, rien à voir avec cet autre film de prison, Un prophète de Jacques Audiard, portrait en force de la naissance d'un caïd, en tôle.
Non. Brigitte Sy, elle, choisit pour sa caméra l'évasion, à peine cette dernière posée derrière les barreaux. Ce qu'elle raconte, touche après touche, c'est la naissance d'un amour, entre un taulard menuisier et une cinéaste venue faire un film en univers carcéral. Improbable ? Peut-être. Mais après tout les histoires d'amour le sont si souvent. Brigitte Sy est bien placée pour le savoir.
Le coeur de son film est là. Dans l'approche discrète que se font ses deux êtres, la caméra à l'exacte hauteur de ce trouble qui naît. Et c'est fascinant.

Brigitte Sy rend comme rarement le cinéma a rendu l'émoi des premiers instants. Mains qui se touchent et se brûlent, gestes seulement esquissés. De peur que...Sous le charme, le public a retenu son souffle. Et retenu ses questions. Cette cinéaste dans le film, c'est ? Brigitte Sy a répondu, simplement. « Oui, j'avais tourné un film en prison. Durant six mois. On a dû l'arrêter. Un manque terrible. D'où l'idée de ce film sur le film ». Question, encore, de la salle, qui s'en excuse presque : mais cette histoire d'amour... ? « Oui, c'est la mienne ».

Les Mains libres se terminent par une dédicace. La photo de Michel, en noir et blanc, taulard pour de vrai, et qui s'est tué pour de vrai, à moto, un an après sa sortie de prison.

Brigitte Sy sait de quoi elle parle. Elle l'a défendu, son film, dont on pourrait penser qu'il idéalise presque le monde carcéral, comme en le pacifiant. « Non, j'ai montré "Les Mains" en prison. Les détenus ont apprécié qu'on n'y montre pas la violence. La vie en centrale est ainsi. Il peut y avoir de gros clashes, mais le plus souvent, les centrales sont des tombes où il ne se passe rien ». La confirmation est venue des derniers rangs du public : les parents d'un responsable pénitentiaire sont là. Ce même responsable qui jour après jour a aidé à la réalisation du film, tourné à la maison d'arrêt de Meaux. Brigitte Sy les salue, repart dans son histoire. « Oui, c'est difficile de se livrer aux autres.
Difficile, pas seulement en prison ». Se livrer aux autres ? Elle l'a fait. Magnifiquement. •
T. T.

Relais pour la vie 2010

publié le 13 sept. 2010 à 01:18 par Didier RAMON

Une grande cause : la lutte contre le cancer. Cette maladie qui peut toucher tout le monde. 
Nous participons cette année à Baisieux (près de Villeneuve d'Ascq) au Relais pour la Vie, 2ème édition qui aura lieu les 18 et 19 septembre 2010.
24 heures non-stop pour un relais de coureurs et de marcheurs.
Nos ânes, Robin et Rubis, seront du voyage.
Nous alignons une équipe de 35 participants (dont des marathoniens !). Si vous souhaitez intégrer notre équipe, contactez-nous.
Ci-dessous un article publié dans la Voix du Nord.

Ligue contre le cancer : 24 heures pour changer de regard sur la maladie

lundi 13.09.2010, 05:10 - P.-L. F.

RENDEZ-VOUS LES 18 ET 19 SEPTEMBRE


Ça a un côté pudique qui déconcerte les malades, ce « décédé des suites d'une longue et douloureuse maladie  ». Une petite phrase toute faite qui ne trompe personne et qui fait clignoter les six lettres du mot cancer dans tous les esprits. «  Comme si c'était une maladie honteuse et que c'était contagieux », commente Thérèse Loridan, une ancienne malade. ...

Là, on touche du doigt l'une des trois principales missions que s'est données la Ligue contre le cancer : « changer le regard du public et peut-être même des soignants sur la maladie et sur les personnes qui ont eu un cancer », explique Gérard Depadt, président du comité du Nord et secrétaire général de la Ligue.

Les autres missions ? L'aide à la recherche, les aides financières et psychologiques aux malades, la prévention et le dépistage. Petites batailles pour une guerre sans merci.

Un parrain, Jean-Marie Leblanc


Toutes ces raisons ont motivé les bénévoles de la Ligue à mettre sur pied les relais pour la vie. Soit 24 heures de marche ou de course par équipes. Après Marcq-en-Baroeul l'an dernier, la seconde édition se tient samedi 18 et dimanche 19 au complexe sportif de Baisieux. Le parrain ? Jean-Marie Leblanc, l'ex-directeur du Tour de France. Le principe ? Les équipes courent ou marchent en se relayant pendant 24 heures. Chaque inscription coûte 5 E et l'argent est reversé à la Ligue.

Comme l'année dernière, les images marquantes ne devraient pas manquer. À l'instar de ces T-shirts jaunes portés par d'anciens malades où on peut lire « Survivant ». Comme ces bougies allumées à la nuit tombée pour les disparus.

L'année dernière, 23 équipes, 700 participants et 80 anciens malades ont posé la première pierre des relais. Ce record-là mérite d'être battu.

Relais pour la vie, 18 et 19 septembre de 16 h à 16 h au complexe sportif de Baisieux. Rens. et inscriptions : 03 20 06 06 05 ou sur www.relaispourlavie.net

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