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De la langue française sur le net

publié le 23 nov. 2010 à 05:28 par Didier RAMON
Vous l'avez certainement constaté, la mode du SMS et des forums sur Internet a appauvri le niveau d'orthographe en général.
Finalement, autrefois, nos parents nous disait que puisque nous n'écrivions plus (de plus en plus de téléphone) nous ne savions plus écrire.
Depuis l'avènement des téléphones portables, je pense qu'il n'y a pas eu une seule génération qui a autant écrit ! Que de "mots" envoyés et quels mots... pour certains incompréhensibles.
Ce que nous prédisaient les générations précédentes ne se concrétise donc pas. Plus on écrit... moins on écrit bien ? Faut-il encore écrire pour dire quelque chose (le SMS n'est pas vraiment dans cette catégorie).

Pour appuyer cette réflexion, un article paru dans LeMonde.fr Blogs 'Langue sauce piquante' qui rappelle l'usage de "quoique" et "quoi que".

quoique couac !

Quoique, couac : voilà deux homophones. L’utilisation malencontreuse du premier menant au second. Nous avons déjà eu l’occasion de dire que la confusion entre quoique et quoi que était très fréquente, un must (voir horreur orthographique 2). Il n’y a qu’une espace de différence entre eux, et pourtant tout un monde les sépare. 
Quoique est un seul mot, une conjonction avec nuance d’opposition (même sens que bien que : “quoique con, il est sympa”. S’il y a un verbe, il est au subjonctif : “quoiqu’il soit con, etc.” ; ou nuance de concession (même sens que tout) : “Ma mère s’émerveillait qu’il fût si exact quoique si occupé”, c’est-à-dire “tout occupé qu’il fût” (Proust, cité par le Petit Robert, sur lequel nous nous appuyons). Quoique peut aussi introduire une “objection provenant d’une réflexion que l’on se fait après coup”. Et là, nous mettons encore Marcel à contribution : “Peut-être on va m’emmener dans le Midi. Ce que ce serait chic ! quoique cela me fera manquer un arbre de Noël.”
On constate que cette nuance appelle l’indicatif.

Quoi que est une locution concessive regroupant deux mots, quoi et que, avec le sens de “quelle que soit la chose que” et requérant le subjonctif : “quoi que je fasse, j’ai tort”.
Essayez de mettre l’un à la place de l’autre dans ces exemples, vous verrez qu’ils ne sont pas interchangeables.

Dans ce passage du Monde (désormais libre) du 14-15 novembre, le quoique est-il un couac ?
“Comme la tenue que j’avais choisie m’avait inspiré un personnage, je décidai sur le champ que je la conserverais quoiqu’il arrivât” (Charlie Chaplin parle de ses débuts).


image : Couac, acrylique sur toile de Gaétan
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