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À vélo, à Solex ou en bateau, ils courent le monde

publié le 23 oct. 2010 à 23:32 par Didier RAMON   [ mis à jour : 24 oct. 2010 à 00:13 ]
Les Nordistes aussi bougent ! La preuve, cet article paru dans La Voix du Nord.

À vélo, à Solex ou en bateau, ils courent le monde

dimanche 22.08.2010, 08:42 - PAR LAURENT DECOTTE

| VOYAGE |

Ils ne partent pas en vacances, ils voyagent. Régulièrement, dans nos pages locales et parfois en pages Région, nous racontons les périples de Ch'tis qui ont choisi de réaliser leur rêve. À vélo, en bateau ou à Solex, ils ont décidé de s'aventurer autour de la Terre.

À cette heure, Ophélie et Paul-Henri Vanthournout digèrent la belle fête qui leur a été faite pour leur retour, hier à Saint-Omer. Vincent Morizur et Flore de Myttenaere ont eux bouclé 23 600 kilomètres à bicyclette sur la Grand-Place de Lille le 29 juin. Originaire de Bouvignies, Matthieu Monceaux est lui parti seul, à vélo, entre juin 2002 et octobre 2004 et a même écrit un livre. Certains partent même avec un but : Grégoire, Jean-Baptiste et Mathieu, alors étudiants en école de commerce, ont parcouru pendant un peu plus d'un an 15 212 kilomètres en deux-roues à la rencontre des entrepreneurs français implantés à l'étranger.

Mais avec ou sans but, tous racontent des efforts, des mésaventures, des galères, certes. Mais surtout d'incroyables rencontres avec les locaux, facilitées par leurs moyens de locomotion.

Un projet dans leurs bagages


En outre, nombreux ceux qui partent aussi avec leur seul sac à dos, plus simplement, à pied. On ne compte plus les blogs de «tourdumondistes» régionaux partis avant d'entrer sur le terrible marché du travail ou s'offrant une année sabbatique avec, comme sécurité, leur emploi au retour.

Entre temps, grâce au voyage, leur approche de la vie a été bouleversée : finies les inutiles prises de tête. Désormais, ce qui les intéresse, ce sont les autres.

Il est deux manières de courir le monde. Pour le seul pur plaisir, le beau voyage ou les rencontres. Ou alors avec un projet, comme Martine Brouwer et Arnaud Baranger. Partis à vélo, ils sont sur le retour et ramènent avec eux les résultats de leur étude sur le marché mondial laitier. Éminemment d'actualité ! Elle est spécialiste du contrôle laitier dans l'Avesnois, lui du bâtiment agricole, et ils avaient ensemble envie de voyager.

Tout comme Emeline Hassenforder et Benjamin Noury, deux étudiants à l'école supérieur de commerce de Lille (la SKEMA). Ils sont rentrés en juillet de dix-neuf mois de voyage autour du globe où ils ont sillonné dix bassins hydrographiques avec, pour objectif, de développer des outils pour faciliter la coopération transfrontalière autour de l'eau. Dans un autre registre mais issus de la même école, les deux étudiants lillois Victor Poncelet et Marie-Laure Pourbaix ont, pour leur part mis le cap la semaine dernière sur l'Amérique latine. À vélo, ils vont sillonner le continent à la rencontre des organismes de microcrédit, tout comme Ophélie et Paul-Henri Vanthournout qui n'ont plus qu'à transformer l'essai en leur envoyant de l'argent

Enfin, plus modestement, Charles Villain et Jean Chevalier ont entamé en juillet et pour près de trois mois un « Ecoz'trip » en Inde et en Australie à la recherche des bonnes pratiques écologiques.



Des Solex en guise de visas

dimanche 22.08.2010, 05:09 - La Voix du Nord

Ophélie et Paul-Henri Vanthournout, caméléons


« Mon petit-fils, je ne l'ai pas reconnu. Crado, les cheveux longs, la barbe... » La grand-mère est là, sur la grand-place de Saint-Omer, avec les copains, les clubs de Solex, les élus... Ils accueillent Ophélie et Paul-Henri Vanthournout, enfants du pays. Leurs Solex des années 70 ont roulé plus de 17 000 km à travers l'Europe, les deux Amériques et l'Asie. Les machines sont usées, eux rayonnent.

Ophélie, étudiante, a gardé son T-shirt tâché de cambouis pour répondre aux questions, dans un joyeux désordre : « L'anglais, l'espagnol, tout se mélange dans ma tête », s'excuse-t-elle. De ses quatorze mois de périple, elle retient surtout « l'accueil incroyable ». Partout, ils ont été hébergés (ils n'ont monté la tente que « vingt fois »), nourris, grâce, estime-t-elle, à leurs Solex, qui sont « comme un visa qui suscite la sympathie. »


Et aussi parce qu'ils ont pris la peine « d'apprendre cinquante mots » de la langue du pays. Elle se targue désormais d'une compétence nouvelle : « On est devenus des caméléons. »
Son frère aîné, un temps courtier à Madrid, dresse la liste des viandes les plus curieuses qu'ils ont avalées (chien, chat, cochon d'Inde, insectes, lama, serpent, poussins...), avant de faire partager le principal enseignement de l'aventure : « On n'est jamais plus riche que quand on est démunis ».

Rien par exemple n'achètera jamais cette « nuit sur la paillasse d'une grand-mère », ou « le franchissement des Andes, à 4 200 mètres ». Quant aux galères, point de trop sévères. « On a traversé deux mini-révolutions, en Thaïlande et au Népal, mais on ne s'est jamais sentis en danger », assure Paul-Henri.

Ils ont dépensé 20 000 euros, consacrés surtout aux billets d'avion. Des sponsors, privés et publics, en ont payé la moitié, séduits par le « projet » qui habille leur aventure : « promouvoir le micro-crédit ».

É. H.

Le récit de leur voyage sur www.avelosolex.com



Le Béthunois Jean-Marie Malbranque, le plus incroyable aventurier de la région ?


dimanche 22.08.2010, 05:09 - LAURENT DECOTTE

Jean-Marie Malbranque : « On a croisé deux Français qui s'étaient fait voler leurs femmes qu'ils recherchaient dans tous les bordels du pays. »
Sa vie est une aventure. Laissez Jean-Marie Malbranque vous narrer ses vingt années de périples et, dans la minute, vous plaquerez au moins votre boulot pour partir sur les traces de l'un des (le ?) plus grands aventuriers contemporains de notre région.

En 1973, le Béthunois grimpe dans sa « 4L », direction... Kaboul. Cinq années plus tard, lui qui fut cycliste de très haut niveau s'engage avec une copine pour un tour du monde à petite reine. « Mais ça a tourné court. On a arrêté à la frontière turco-iranienne où Khomeiny venait de prendre le pouvoir. Et puis c'était l'hiver, j'ai cassé le vélo, on a croisé deux Français qui s'étaient fait voler leurs femmes qu'ils recherchaient dans tous les bordels du pays. »

Il rentre en Ariège, dans un village de 24 habitants. « C'était beau, mais petit... »

En 1981, il repart, cette fois pour de bon. Seul, avec son chien Jim, un berger allemand qu'il tracte dans une charrette derrière son vélo. Cap vers l'Afrique, où son fils Jacky, un peu turbulent en France, le rejoint à 16 ans pour apprendre l'école de la vie. Père, fils et Jim voyageront ensemble près de trois ans, craignant les lions, mangeant rats et chenilles, faisant ami avec les rebelles du Sud-Soudan ou les chercheurs d'or au Congo, descendant le fleuve Zaïre. « On a embarqué sur une barge, mais c'était long, alors on a terminé sur un radeau qu'on s'est construit en trois jours grâce aux membres d'une tribu. »

Des années de système D. « Je suis parti avec 2 500 francs (380 euros), alors il a fallu travailler. » Comme soudeur, son métier, mais aussi en vendant des cartes postales (eux devant la tour Eiffel) ou d'improbables boucles d'oreille faites de feuilles et de câble de frein.

Puis, pour Jean-Marie, il y a eu l'Amérique latine, l'achat d'un rafiot retapé en Guyane pour naviguer sur les mers du monde. « On est partis, je n'avais jamais barré un bateau. »

L'Asie à vélo à 65 ans, Une barbe, une bonne étoile. Et aujourd'hui, à 70 ans, 120 000 km de souvenirs que ce personnage raconte à ses arrière-petits-enfants avec la vaillance d'un trentenaire. Le voyage, ça conserve.

Pour les conférences (donnée avec une faconde...) et l'achat de son livre : jm.malbranque@sfr.fr.



De Singapour à Boulogne-sur-Mer, le rêve les yeux grands ouverts de Thibaut

dimanche 22.08.2010, 05:09 - CLAIRE LEFEBVRE

Thibaut et Romain : « La différence avec les touristes qui logent à l'hôtel, c'est qu'on a le temps de faire de vraies rencontres »
« Tous les hommes rêvent, mais pas de la même façon. » ...

Cette phrase de l'aventurier Lawrence d'Arabie, Thibaut Feutry, 27 ans, la médite mèche au vent, depuis qu'il a embarqué, en mai, sur son voilier baptisé Rêveur de jour.

Il vient d'accoster à Maurice. Une escale sur la route qui rallie Boulogne-sur-Mer depuis la Malaisie. Depuis bientôt quatre mois, Thibaut, originaire de Wimereux, et son équipier Romain Gaudefroy, d'Amiens, ne touchent plus terre : « On savait qu'on en prendrait plein les yeux, mais la réalité dépasse tout ce qu'on pouvait imaginer ! » Du milieu, convivial, des navigateurs à la voile et au long cours. Aux nuits solitaires à barrer au clair de lune. « On est rassurés parce qu'on voit qu'ils s'en sortent. Et quand on a Thibaut au téléphone, on sent qu'il est tellement heureux..., confie sa maman Caroline. Je crois qu'il avait besoin de vivre quelque chose comme ça. »

Tant pis pour les galères - une fuite dans la cale, un coup de vent qui a couché le bateau dans l'océan Indien -, car ils découvrent surtout une galerie de portraits, inoubliables : « Aux îles Cocos et à Rodrigue, on a été accueillis comme des rois. La différence avec les touristes qui logent à l'hôtel, c'est qu'on a le temps de faire de vraies rencontres. » C'est comme ça qu'ils ont croisé la route de Claudine, fille et femme de navigateurs, qui a accroché sa devise au sillage de leur bateau : « L'envie de réussir n'est rien sans la force d'oser. »

Avant de se jeter à l'eau, nos baroudeurs, ex-ingénieurs expatriés - « Le bon plan pour mettre des sous de côté » - avaient peaufiné leur itinéraire durant un an. Après Maurice, le Rêveur de jour mettra le cap sur Madagascar, Le Cap, Rio, les Açores... « Ceux qui rêvent de jour sont dangereux, car ils sont susceptibles, les yeux ouverts, de mettre en oeuvre leur rêve... », écrivait Lawrence d'Arabie dans son désert de sable.

Sur l'océan désert, Thibaut et Romain savent déjà que, dans leur vie d'après, « l'horizon ne sera plus le même, dans ma tête, ça foisonne !

Mais j'ai encore un an pour me décider ! » Fin de l'odyssée intérieure prévue à Boulogne en juillet 2011.

Un périple à suivre tous les quinze jours dans l'édition de Boulogne-sur-Mer et sur www.reveur-de-jour.eu



« Surtout, aller vers les gens sans peur »

dimanche 22.08.2010, 05:09 - RECUEILLI PAR L. D.

Gérard Valembois a créé sa librairie de Voyage autour du monde. Il est d'excellent conseil avant de partir. PHOTO PATRICK JAMES
Après avoir travaillé en agence de voyages, Gérard Valembois, 39 ans, a parcouru le monde avant d'ouvrir avec un ami la librairie de Voyage autour du monde, à Lille. ...

- Combien de tours du monde avez-vous à votre actif ?

« Deux. Un premier, très classique. Et un second, pour lequel j'ai embarqué à bord d'un porte-conteneurs à Dunkerque, direction Sydney, via l'Atlantique, le canal de Panama, la traversée du Pacifique. C'est 100 E par jour, mais le transport fait alors partie du voyage. J'étais le seul touriste, avec un équipage philippin. Ça a duré sept semaines, et j'ai fait de même pour rentrer, mais par l'Asie. »

- Quels sont les pays que vous avez préférés ?

« Je suis très "mer", donc la Nouvelle-Calédonie, où j'ai vécu plus d'un an. Mais aussi le Cambodge, avec les temples d'Angkor qui épousent merveilleusement la végétation sauvage. Mais il n'y a pas de religion. Par exemple, mon associé, Jean-Luc, vous dirait la Birmanie ou le Pakistan. »

- Quels sont les conseils de base que vous pourriez donner ?

« Voyager léger. Un gros sac à dos par 40° C à l'ombre et 200 % d'humidité peut être un cauchemar. Partir en bonne santé. Une petite blessure qui s'infecte si vous n'êtes pas vacciné peut vous causer de graves ennuis. Apprendre deux ou trois mots dans la langue du pays dans lequel vous êtes. Ça amuse beaucoup le local et à partir de là, la relation s'engage bien. Ne pas trop préparer son voyage, histoire de ne pas être obligés de quitter un endroit où vous vous sentez bien parce que vous avez réservé un avion, un train ou un hôtel. Et surtout, aller vers les gens et ne pas avoir peur. »

- Vous n'avez jamais eu de grandes frayeurs, vous ?

« Des inquiétudes, oui, mais jamais de peur. À partir du moment où vous ne ressemblez pas au touriste avec le gros appareil photo autour du cou, le portefeuille qui dépasse... pourquoi voulez-vous qu'on vous agresse ? Ce sont les gens qui ont peur qui se créent des problèmes. »

La Librairie de Voyage Autour du Monde, 65, rue de Paris, à Lille. Plus de 7 000 références. 03 20 78 19 33.
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