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En route pour Compostelle

publié le 30 mars 2011 à 23:29 par Didier RAMON
Un quinquagénaire ardennais se lance sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle sac au dos. Un départ traditionnel du Puy et passage à Roncevaux. 1600 km et 3 mois de pérégrination.

Pour nous aussi le départ approche. Nous avons choisi un parcours en étapes (faute de temps) et un départ de notre village accompagnés de nos compagnons aux grandes oreilles. 15 jours de randonnées qui devraient nous amener à Reims pour cette première étape.

A lire dans l'Union.

Ce presque cinquantenaire part pour Saint-Jacques comme dans une «aventure».


CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes).

Philippe Giammaria a décidé à 48 ans  de faire,  pour le plaisir et non par foi,  le pèlerinage de Saint-Jacques  de Compostelle. Faute de temps,  il ne partira pas des Ardennes  mais d'Auvergne.

PHILIPPE Giammaria, infirmier libéral carolo de 48 ans, a une façon bien curieuse de faire sa crise de la cinquantaine : il va prendre le chemin de Saint-Jacques de Compostelle.
Ce n'est pas un acte de foi, puisque Philippe n'est pas croyant. Mais « depuis un an, j'ai changé ; mes enfants ont grandi, j'ai du temps. J'ai eu envie d'une rupture ». Rupture que ce randonneur choisit de réaliser en prenant la route sac au dos, en direction de la célèbre ville espagnole.
Bien sûr, un tel voyage ne se fait pas sans un peu de préparation. Il a pris l'avis d'un couple ami qui a déjà vécu l'expérience, a cherché l'assentiment de son entourage. « Il me fallait l'aval de trois personnes, mes deux enfants et leur mère : si on n'a pas l'esprit libre, on ne peut pas vraiment partir. La mère de mes enfants, avec qui je partage la garde, et ma fille Victorine m'ont dit de foncer. Mon fils Charles, qui a 14 ans, m'a juste recommandé d'emporter un téléphone pour pouvoir l'appeler… En fait, je ne crois pas que je vais le prendre ».

Dormir dans des abbayes ou des auberges

Ce presque cinquantenaire (« depuis dix ans, je rajeunis tous les ans ») part en effet pour Saint-Jacques comme dans une « aventure ». « Une histoire se construit dans sa tête d'abord, puis après avec les gens. » -Il a lu, un peu, sur le pèlerinage, a d'ores et déjà choisi son itinéraire, un tracé qui mélange paysages, culture et histoire : il partira du Puy-en-Velay et traversera les Pyrénées au col de Roncevaux - au total, 1.600 kilomètres à franchir en solitaire, ou au gré de rencontres de voyage. Il a déjà sa carte « credencial del peregrino » qui lui permettra d'être hébergé dans des abbayes ou dans les auberges prévues par les associations qui accompagnent les pèlerins.
Mais ce pèlerin sans la foi a vite cessé de s'informer : certains témoignages décrivent pourquoi ils ont fait demi-tour face aux difficultés… pas génial à lire avant de partir. « Et puis si on prévoit, si on attend trop de choses, on finit toujours par être déçu, car on n'atteint pas son but. Moi, j'ai choisi cette destination, car je veux passer trois mois à marcher, en liberté. »
Philippe Giammaria est, finalement, un hédoniste bien particulier, qui veut « profiter le plus possible de la vie, surtout quand, dans mon métier, je vois des personnes décéder ». Il veut jouir des possibilités qui lui sont offertes, mais ce goût du bonheur ne l'empêche pas de se frotter aux difficultés s'il le faut.
« Ce que je dis aux gens en accomplissant ce voyage, c'est qu'il ne faut pas s'arrêter au premier problème, mais au contraire trouver de la motivation pour vivre ses rêves. » Et être un rêveur bien dans ses baskets…

Caroline BOZEC
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