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Louis Le Crom raconte son chemin de Compostelle

publié le 11 août 2010 à 03:09 par Didier RAMON   [ mis à jour : 12 août 2010 à 04:28 ]

Louis Le Crom est un fameux « Jacquet », c'est ainsi que l'on désigne un pèlerin de Saint-Jacques. Ce périple de 1 600 km, il l'a réalisé d'une traite, à 83 ans.

Témoignage

Le pèlerin est parti à pied, du Puy-en-Velay pour gagner Saint-Jacques de Compostelle (Espagne). Soit 1 600 km que notre homme a parcourus en 44 jours. A l'en croire, une simple promenade de santé. « Je l'ai trouvé plus frais et plus reposé que quand il avait fait ses 800 km, l'an dernier ! » constate Nicole, sa fille. C'est que Louis Le Crom est un récidiviste. En 2007, il n'avait fait que 500 km du chemin, à partir de Saint-Jean Pied de Port et, en avril 2009, il en fit 800, depuis Burgos.

« Cette fois, je me suis décidé à le faire en entier. Ce n'est pas plus dur, à raison de 36 km par jour. » On précisera tout de même que le marcheur hennebontais a eu 84 ans, samedi !

Un moment privilégié pour faire le point

Sac de 12 kg sur le dos, le pèlerin a suivi les chemins du périple traditionnel. « Le plus dur, ce furent les Pyrénées, dans la partie française. Car ce fut un temps de cochon, avec beaucoup de pluie. Et les pieds mouillés m'ont valu pas mal d'ampoules. » A l'« albergue donativo » (l'auberge), il pose son sac au gîte d'étape, prend une soupe, s'endort à 21 h, se relève à 5 h 30 pour s'en repartir à 6 h 30.

A quoi pense-t-il en marchant ? « J'ai voulu faire un break total. Tout arrêter. Et là, on pense à sa vie, à la famille. C'est un moment privilégié pour faire le point. En route, je prie aussi beaucoup. Et, parfois, je chante. » S'il marche beaucoup en solitaire, il apprécie les rencontres, nombreuses sur ce chemin légendaire. « J'ai cheminé 900 km avec un Alsacien, puis ai rencontré un Brestois, un Anglais... » A chaque étape, il fait apposer le tampon à la « crésidentiale », ce passeport qui justifie du chemin réellement parcouru. Et, au terminus de Saint-Jacques, il reçoit la « Compostella », le diplôme du pèlerinage.

Sportif accompli, le marcheur de la rue des Dames, à Langroix, a un passé qui lui a forgé un mental de fer, outre des muscles aguerris. Ancien capitaine d'infanterie, il est un ancien de 1939-1945, a fait la campagne d'Indochine, puis la guerre d'Algérie. « Aujourd'hui, je marche environ 2 h 30 par jour et, une fois par semaine, entre 25 et 30. Et je fais également du vélo » précise l'ancien champion de pentathlon et compétiteur de cross jusqu'à ses 50 ans.


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