Revue du net‎ > ‎Voyageurs‎ > ‎

Vers Compostelle, Didier et Pascale espèrent un chemin semé de rencontres

publié le 26 avr. 2011 à 04:53 par Didier RAMON   [ mis à jour : 15 mai 2011 à 05:46 ]
Un article paru dans la Voix du Nord pour relater notre projet.

dimanche 24.04.2011, 05:08-La Voix du Nord

LES VISAGES DU DIMANCHE

C'est un périple de 2 500 kilomètres qu'ont amorcé Pascale et Didier Ramon, deux habitants de Saint-Martin-sur-Écaillon. Hier, à 9 heures, entourés d'amis, à partir de la place du village, ils ont pris la route pour la première étape de leur voyage vers Saint-Jacques de Compostelle, en Espagne. Un chemin qu'ils parcourent à pieds accompagnés de leurs ânes du Cotentin, Rubis et Robin. PAR ANNE-SOPHIE PUJOL


cambrai@lavoixdunord.fr PHOTO « LA VOIX »

« On verra comment on avance et comment les rencontres se font », avance prudemment Didier, quelques heures avant son départ pour Compostelle. Car le problème, quand on part avec les ânes, c'est l'intérêt qu'ils suscitent. Ces quadrupèdes sont des véritables vecteurs de communication et des animaux qui font rêver. Le week-end dernier, nous avons fait une dernière balade avec eux, tous les trois kilomètres on s'arrêtait pour discuter. Nous sommes même revenus avec des oeufs, donnés par un fermier qu'on a rencontré ! » Certes, ce n'est pas très pratique dans le sac à dos, mais le couple de Saint-Martin veut précisément voyager dans ce sens : celui de l'échange. Lors de leur dernier long périple, il y a six ans, en Scandinavie, ils n'avaient pas eu cette chance, « nous étions en voiture. Et nous nous sommes rendus compte que c'est une barrière sociale, à la différence des ânes ! » Des ânes ou des chiens, car Pascale et Didier se sont longtemps promenés, dans la région et dans les Vosges, leur « terrain de jeu », avec Isko, leur husky sibérien. À Chamonix, le couple de marcheurs a atterri dans une colonie de vacances. Leur credo : ne jamais réserver. « On dit bonjour, c'est nous. On a besoin de poser la tente pour une nuit ! » Didier et Pascale ne profitent pas de la générosité d'autrui, ils savent la rendre, au travers de différentes associations ou actions sociales. Pascale est bénévole à la bibliothèque du village. Le couple fait aussi partie de l'association Système d'échange local du Hainaut (SEL).

L'échange

Le principe : se payer en service ou en savoir-faire transmis. Pas d'euros, que du troc. « Donner et recevoir, c'est ça la vie, aussi », glisse Pascale, une ex parisienne BCBG reconvertie en dame nature. « Parfois, quand je rentre du travail, je passe voir les ânes, pour décompresser », confie-t-elle. Et Didier ajoute : « Ce sont des animaux qui régénèrent ». Il faut dire, aussi, que les tempéraments des ânes collent parfaitement à ceux de leurs propriétaires. Comme Pascale, Rubis, le plus jeune, né en août 2005, est rêveur : « il voit un papillon, il le suit », développe Didier. Et comme Robin, Didier est métronome il donne la cadence.

Utile pour les 2 500 kilomètres de marche qui les attendent, dont 800 en Espagne.

Saint-Jacques de Compostelle est une destination comme une autre. Rien à voir avec l'aspect religieux même si, de ce côté-là, Pascale est plus concernée que Didier qui est athée. En attendant le sud de l'Europe, les Ramon débutent leur voyage par les Ardennes. Et par souci logistique, ils effectuent une boucle.

Dans une semaine, le couple devrait être aux alentours de Reims avant de reprendre la route, toujours accompagné de Robin et Rubis, vers Saint-Martin. Sur le chemin, ils feront tamponner, par une autorité religieuse ou civile comme la mairie, leur credencia. Une carte de pèlerin, pareille à un passeport, attestant de leur avancée vers Compostelle. •

Pour suivre leur voyage étape par étape, Pascale et Didier alimenteront leur site Internet : http://voyages.projet-itinerance.fr

Comments